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Omar Ali Yahia : « Mettre en place le e-learning, c'est donner la chance à toute personne d'acquérir des compétences »

Publié le

Entretien avec Omar Ali Yahia, DG de Beeform, sur l'impact du Covid-19 sur la formation et l'urgence du digital en Afrique. Interview CIO Mag Africa, avril 2020.

CIO Mag Africa 22 avril 2020 · Interview exclusive

Par La Rédaction CIO Mag

Le Coronavirus a pris le monde entier de court. Omar Ali Yahia, directeur général de Beeform E-Learning, analyse l'impact de cette crise sans précédent sur l'éducation et la formation professionnelle, et livre sa vision d'une Afrique résiliente par le numérique.

« Le numérique constitue une solution incontournable »

CIO MAG : Le Coronavirus a pris le monde entier de court et touche plusieurs secteurs vitaux dont l'éducation. Peut-on en mesurer l'impact ?

Omar ALI-YAHIA : Les impacts sont de divers ordres. Actuellement, le monde entier est confiné. Il y a des pertes économiques énormes, un crash boursier sans précédent. Toutes les entreprises sont à l'arrêt, la chute du coût du pétrole et les employés au chômage technique. C'est un coup très dur pour l'économie mondiale.

Le digital quant à lui connaît actuellement un grand engouement. En plus de tous les problèmes qu'il résout en temps normal, on se rend compte que le digital constitue une solution incontournable aux mesures de confinement liées au Covid-19, notamment le commerce électronique, le télétravail, la formation en ligne, etc.

« C'est ce qui reste de l'économie pour sauver le monde entier de l'effondrement total. »

— Omar Ali Yahia, DG Beeform

L'Afrique face à la fracture numérique

CIO MAG : En Afrique où le e-learning n'est pas encore totalement développé, quel problème pose cette crise face à la formation ?

Au lieu de ralentir les activités, la crise les suspend carrément. Dans les pays où le e-learning est bien intégré, les écoles proposent des alternatives intéressantes pour assurer la continuité de leurs programmes de formation. Une entreprise qui a deux cents (200) employés au chômage technique, préfèrera profiter de la période d'arrêt de travail pour développer leurs compétences et progresser dans leurs plans de formation annuelle.

L'investissement dans les infrastructures, une urgence

Cette pandémie nous a fait prendre conscience que le numérique et les infrastructures sont importants. Aujourd'hui, si nous ne possédons pas d'infrastructures technologiques, on ne peut pas créer un écosystème capable de répondre à nos défis actuels et futurs.

Les États doivent investir dans les infrastructures, les télécoms, les Datacenters, les différents systèmes de paiement en ligne. Mais c'est aux acteurs économiques d'investir dans les outils comme les ERP, les plateformes collaboratives et de télétravail, les plateformes de E-Learning, etc.

« Mettre en place de pareils systèmes, c'est donner la chance à toute personne de réussir, d'acquérir des compétences. Et généralement, ces compétences sont mises au service du pays. »

— Omar Ali Yahia

Le plan de Beeform pendant la crise

Nous sommes spécialisés dans le e-learning. Nous faisons un travail pédagogique énorme sur nos clients et partenaires afin de les faire adhérer à ces outils technologiques. Beeform est spécialisée dans l'accompagnement des projets e-learning de bout-en-bout : de l'infrastructure informatique jusqu'à la création de contenus en passant par les plateformes pédagogiques.

Nous avons mis en place une deuxième plateforme hybride, qui fait de la vidéoformation et propose des classes virtuelles en direct. Cette plateforme est destinée principalement aux écoles afin de les aider dans la diffusion des cours.

L'avenir du e-learning en Afrique

CIO MAG : Avez-vous un plan de déploiement de Beeform en Afrique ?

Actuellement, nous travaillons sur la Tunisie, le Maroc et la France. Pour l'Afrique subsaharienne, nous serons ravis de collaborer avec les acteurs locaux. 400 millions d'Africains connectés représente un marché énorme. Nous devons envisager des partenariats sud-sud pour développer en Afrique des projets que nous pouvons déployer en Europe ou en Asie.

Source originale

Interview publiée dans CIO Mag Africa le 22 avril 2020. Retrouvez l'article complet sur cio-mag.com.